sanitaires du parc de la tête d’or

ARCHITECTE : JSA
LIEU : LYON, BOULEVARD DE STALINGRAD
DATES : LANCEMENT ÉTUDES 2008 / LIVRAISON 2011
MAÎTRISE D’OUVRAGE : VILLE DE LYON
PARTENAIRES : E2CA
SURFACE : 8 UNITÉS SANITAIRES
MONTANT : 700 000 €HT
MISSION : DIAG + BASE + EXE 1 + EXE 2 + OPC

L’agence JSA Jacky Suchail Architectes a équipé récemment le célèbre Parc de la Tête d’Or de Lyon de huit nouvelles toilettes qui forment des haltes reposantes et repérables. Elles jalonnent le parcours des promeneurs. Ces petits édifices de bois et de béton prennent place sur le parcours extérieur et aux points stratégiques du parc. Ils sont constitués des mêmes éléments : le socle, la boite, le paravent et l’ombrière mais sont tous différents. Cet exercice, original pour un architecte, nécessite une certaine bienveillance et une grande justesse pour s’inscrire dans cette nature majestueuse.

ÉTABLIR DE BONS RAPPORTS AVEC LA NATURE (la ligne et la courbe, structurer le vide, découvrir les bâtiments dans le mouvement)

L’objectif était de créer un vocabulaire architectural qui ne rentre pas en concurrence avec la nature. Pas de nécessité d’avoir recours à des formes molles, inspirées de l’organique ou à des courbes qui pourraient rivaliser avec celles des arbres. Au contraire, il fallait imposer des lignes construites capables de structurer le vide, de cacher ou de laisser voir, d’accompagner un chemin, de limiter un passage : tenir l’espace. Le droit permet en plus de construire le plus efficacement possible, première règle, pour l’architecte, d’assurer une posture environnementale.

L’utilisation des planches de mélèze, en palissades et en ombrières, rappelle avec attention l’architecture de la nouvelle giraferie. Sans mimétisme mais plutôt sous forme de clin d’œil, les édicules sont « assortis » avec un langage unitaire et créent une nouvelle ambiance dans le parc.

Les bâtiments sont mis en scène dans ce décor naturel avec des effets cinétiques. On les découvre et les perçoit dans le mouvement : celui de la marche, de la course, du vélo, et de toutes les formes de mobilités autorisées. Les lames de bois verticales accentuent cette sensation ainsi que les pleins et les vides, les ombres et les lumières qui diffèrent dans un sens de la promenade ou dans l’autre.

LA PIERRE ET LA BRINDILLE, LE SOCLE ET L’HORIZONTAL (le béton et le bois, l’horizontal et l’enracinement, moulage et assemblage)

La conception des sanitaires s’inspire de plusieurs images symboliques de référence de l’architecte: la pierre et la brindille d’abord, qui exprime l’harmonieuse opposition et complémentarité entre les formes et les matières. L’importance fondamentale du socle, ensuite, matérialisant l’enracinement puis l’horizontal, éternel repère.

Les petits bâtiments reflètent ce contraste lourd / léger, béton / bois. Le béton forme le socle et le squelette, le bois l’ossature légère des claustras. Deux horizontales composent l’édifice : le socle bien visible et la toiture en ombrière de mélèze. Entre les deux, les paravents aux lames verticales et rythmées créent des lignes qui viennent absorber l’épaisseur des boîtes.

D’un point de vue constructif, le travail des matériaux est complémentaire. La partie minérale est moulée, le bois est assemblé, sur place ou en ateliers. Le bois, lorsqu’il vient en parement des blocs béton, est calepiné en opus incertum de façon à créer de très légères variations. Des cornières d’angle métalliques marquent des arrêtes proprement.

QUATRE ÉLÉMENTS, HUIT POSSIBILITÉS DE PETITES HALTES ET DES DÉCLINAISONS POSSIBLES DANS D’AUTRES SITES

À partir de quatre éléments de composition, les huit haltes appartiennent à la même famille en gardant leurs différences. C’est une déclinaison de variations suivant les lieux d’implantations et des accès. Le programme est simple. Ce sont des haltes d’aisance. On trouve suivant les cas, deux ou quatre toilettes (et deux urinoirs) une fontaine pour se rafraîchir et un banc pour se reposer. La toilette Rhône est une toilette sèche, expérimentale. Les pergolas génèrent des espaces ombragés, propres à une halte provisoire. L’ensemble est entièrement accessible aux personnes à mobilité réduite. Tout est conçu dans le respect de l’intimité et du confort des personnes. Aucun vide résiduel, propice à la dégradation ou au danger n’est toléré.

On peut imaginer que ces toilettes publiques, confortables et conviviales, trouvent d’autres sites d’implantation urbaine que l’exceptionnel Parc de la Tête d’Or, proposant enfin de se réconcilier avec un sujet tabou de nos villes.

SANITAIRE PARC DE LA TETE D'OR_VILLE DE LYON